– Une nouvelle méthode de traitement des AVC fait ses preuves

 

 

Touchée par un accident vasculaire cérébral à 35 ans, Alice a été soignée par thrombectomie, une technique qui consiste à emprisonner le caillot à l’aide d’un micro-filet.

«C’était le 27 septembre 2011, un jour qui a marqué ma vie à jamais. J’avais 35 ans, j’étais en bonne santé, je ne fumais pas et j’étais très sportive. Ce matin-là, alors que je me rendais au travail, j’ai été prise d’une forte migraine, suivie de vomissements.» Près de 6 heures après ses premiers symptômes, Alice est emmenée par les pompiers aux urgences du CHU de Montpellier, où elle est prise en charge par Alain Bonafé, chef du département de Neuroradiologie. Rapidement, le diagnostic tombe: la jeune femme est victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique.

Un caillot obture l’une de ses artères cérébrales, et les tissus en aval, privés d’oxygène, seront irréversiblement détruits si la circulation sanguine n’est pas rapidement rétablie. Il faut agir très vite. «Nous avons d’abord envisagé une thrombolyse, l’injection d’un produit capable de dissoudre le caillot, mais nous avons finalement opté pour une thrombectomie», raconte le Pr Bonafé lors d’une conférence de presse organisée par Medtronic, fabricant américain d’un outil utilisé pour ce geste médical particulier, mardi à Paris.

Un filet miniature dans un cathéter

La thrombectomie, ou thrombectomie mécanique, est une innovation thérapeutique dont l’efficacité sur la rémission des patients vient d’être confirmée par cinq études successives en l’espace de quelques mois. Pouvant être pratiquée jusqu’à 12 heures après le début des symptômes, cette technique consiste en l’introduction au niveau de l’artère fémorale d’un micro-tube contenant un petit filet en nickel-titane. Une fois parvenu près du caillot, le filet se déploie et agrippe le bouchon, permettant au chirurgien de l’extraire en tirant le tout jusqu’à l’extérieur. Bien que nécessitant un savoir-faire particulier, la thrombectomie est de plus en plus courante ces 10 dernières années.

 

L’étude SWIFT PRIME, sponsorisée par Medtronic, publiée le 11 juin dans le New England Journal of Medicine, a montré que l’association de cette nouvelle méthode avec la thrombolyse permet à deux fois plus de patients (60%) de retrouver leur autonomie dans les trois mois suivant l’opération, contrairement à une prise en charge par thrombolyse seule (35% des patients indépendants).

Si, depuis 25 ans, la prise en charge classique des AVC se faisait par thrombolyse, ce traitement est néanmoins contre-indiqué pour certaines personnes souffrant de pathologies particulières ou sous traitement anticoagulant, ou celles dont le temps écoulé entre le début des symptômes et la prise en charge dépasse 4h30. «La thrombolyse est limitée car plus le caillot est gros, moins le produit a de chance de fonctionner», explique le Pr Francis Turjman, membre du comité de surveillance de l’étude SWIFT PRIME et chef du service de neuroradiologie interventionnelle à l’Hôpital Pierre Wertheimer à Lyon.

1200 opérations annuelles

Opérée sous anesthésie générale, Alice n’a rien ressenti. «Je me suis réveillée avec une simple petite croûte de sang au niveau de l’aine.. Dès le lendemain de l’opération, je pouvais parler et je reconnaissais les personnes venues me rendre visite. Pour la marche, ça a été plus difficile. Mais un an après l’opération, j’ai pu reprendre le sport et retourner au travail».

Sur les 130.000 personnes victimes d’un AVC chaque année, près de 1.200 bénéficient d’une thrombectomie dans les 32 centres français pratiquant cette intervention. Pour le Pr Turjman, ce nombre est insuffisant: «Le territoire n’est pas couvert de façon homogène pour ce type de soin mais, dans le mesure où le temps de prise en charge est déterminant pour la santé du patient, il va falloir trouver des solutions comme une amélioration du transport ou la création de centres relais».

Sources: http://sante.lefigaro.fr/

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