– Hernie discale : intervenir sans opérer

Quand les médicaments, la kinésithérapie et les infiltrations ne parviennent pas à soulager les douleurs d’une hernie discale, une intervention est proposée. Mais la chirurgie n’est pas la seule possibilité. Un traitement percutané, peu connu, est souvent très efficace.

 

L’opération de la hernie discale consiste à retirer tout ou une partie du disque concerné par la hernie, ce qui conduit à léser les muscles autour. La souffrance est généralement maîtrisée après l’opération, mais le geste chirurgical change l’équilibre du dos : avec un disque en moins, le corps s’adapte en modifiant sa posture, ce qui peut être source d’autres douleurs.

C’est pour éviter ces conséquences que les médecins cherchent depuis longtemps à intervenir de façon plus légère. Ce fut d’abord en injectant dans le disque lésé de la chymopapaïne, une enzyme qui obtenait de bons résultats dans 80 % des cas (diminution de la pression à l’intérieur du disque). Mais elle entraînait un dessèchement du disque, source là aussi de déséquilibre. La chymopapaïne fut abandonnée

Un gel est injecté dans le disque intervertébral

Le traitement proposé actuellement fait appel à un autre produit à base d’éthanol, dont l’effet antalgique et anti-inflammatoire est connu depuis longtemps. Il a fallu le gélifier pour pouvoir le suivre sur l’imagerie : on voit que le gel s’infiltre dans les zones de faiblesse du disque. Là où on a besoin de lui, en quelque sorte. On peut le voir suivre des fissures discales minimes. Résultat : une diminution de la pression à l’intérieur du disque avec disparition des douleurs dans 70 à 90 % des cas.

La hernie, elle, ne disparaît que dans un second temps. Dans certains cas, le geste est accompagné d’une infiltration de corticoïdes dans les articulations postérieures. L’injection dans le disque est effectuée sous anesthésie locale et sous contrôle radiologique. Elle est pratiquée par des radiologues interventionnels. Il peut y avoir des douleurs au début mais, ensuite, le soulagement est rapide. Et le malade repart sur ses deux jambes.« Après traitement de deux hernies, une lombaire et une thoracique, l’un de mes patients a repris son avion dans la foulée » , raconte le Pr Jacques Théron, radiologue.

 

Le développement d’une hernie provoque souvent une atrophie musculaire autour du disque malade. Le muscle est peu à peu remplacé par de la graisse, dans laquelle peuvent se concentrer des toxines, sources de douleur. « En aspirant cette graisse, on soulage le patient, cela permet aussi au muscle de se reconstruire » , explique le Pr Jacques Théron. Le soulagement peut être spectaculaire. Notamment chez des femmes souffrant du dos après la ménopause en raison d’un glissement d’une vertèbre sur une autre (antérolisthésis).

Un geste qui reste confidentiel en France

Plus de 2100 injections discales de Discogel ont été pratiquées dans le monde l’an dernier. En France, le geste reste confidentiel, en partie parce qu’il n’est pas pris en charge par la Sécurité sociale. Il coûte pourtant moins cher qu’une intervention classique. Et il présente l’avantage de n’entraîner aucune destruction locale. On observe même une régénération du disque dans les années suivantes sur les examens en résonance magnétique (IRM). D’après le Pr Théron, qui a publié les résultats, aucun effet secondaire n’est à déplorer. Il paraît donc recommandé de voir si cette intervention est possible avant de passer à la chirurgie en cas de hernie discale résistante aux autres traitements. Le geste peut être effectué sur des hernies discales lombaires et cervicales.

Source : http://www.topsante.com/

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