– Douleurs de l’épaule : tour d’horizon des causes possibles

Les douleurs de l’épaule touchent deux personnes sur trois. Stéphane Demorand, le kiné du « Point », passe en revue les différentes causes et leurs traitements.

Deux personnes sur trois souffrent ou souffriront un jour de l’épaule. Les douleurs apparaissent pour la première fois le plus souvent entre 40 et 60 ans. L’épaule est un complexe articulaire composé de cinq articulations, elle est aussi intimement liée à la colonne vertébrale par l’intermédiaire des vertèbres cervicales.

Le conflit sous-acromial

« Conflit sous-acromial » est l’appellation générique désignant une souffrance des tendons et des bourses séreuses de l’épaule. La principale articulation de l’épaule, l’articulation gléno-humérale qui relie l’humérus à l’omoplate, renferme des tendons responsables du mouvement articulaire, et une bourse séreuse appelée bourse sous-acromio-deltoïdienne. Cette bourse séreuse n’est rien d’autre qu’une savonnette dont le rôle est de lubrifier les surfaces articulaires et de faciliter les mouvements. Quand elle s’enflamme, nous parlons alors de bursite.

Le conflit sous-acromial est la première cause de douleurs de l’épaule. Il traduit une douleur des tendons de l’épaule qui, parfois, s’accompagne d’une bursite (inflammation de la bourse sous-acromio-deltoïdienne). Les tendons de l’épaule, encore appelés tendons de la coiffe, présentent des signes d’usure dès l’âge de 40 ans et peuvent devenir douloureux : c’est la tendinopathie. Cette tendinopathie s’accompagne bien souvent d’une bursite, l’ensemble donnant un tableau de douleurs qui se manifestent lors de certains mouvements du bras et qui peuvent parfois réveiller la nuit.

Le traitement du conflit sous-acromial s’articule autour de plusieurs thérapeutiques : des médicaments anti-inflammatoires indispensables pour traiter la bursite et une rééducation spécifique. Si ce traitement échoue, une infiltration de corticoïdes peut être effectuée. Enfin, en dernier recours, la chirurgie offrira d’excellents résultats.

Rupture des tendons de la coiffe

Les tendons de l’épaule coiffent la tête de l’humérus, raison pour laquelle ils s’appellent tendons de la coiffe, ou encore coiffe des rotateurs. Ces tendons de la coiffe s’usent prématurément et le plus souvent sans douleur. Il arrive parfois même qu’ils se rompent, c’est la rupture des tendons de la coiffe. Si cette rupture intervient avant 70 ans, elle est réparée par voie chirurgicale. Après 70 ans, il est parfois décidé de ne faire qu’une rééducation, car l’état d’usure des tendons ne permet pas toujours de les réparer.

Capsulite

La capsulite rétractile de l’épaule est moins bien connue que la tendinopathie, et pourtant elle n’est pas si rare. Son diagnostic reste difficile au départ, ce qui conduit parfois à la confondre avec le conflit sous-acromial. Il s’agit d’une affection touchant la capsule articulaire de l’épaule, la capsule étant une membrane reliant l’humérus à l’omoplate. Cette affection provoque une pseudo-inflammation, mais surtout une rétraction de la capsule articulaire. Cela a pour conséquence de limiter progressivement la mobilité du bras. La capsulite rétractile de l’épaule évolue entre douze et dix-huit mois et en trois phases. Le traitement repose dans un premier temps sur une médication antidouleur et anti-inflammatoire, parfois complétée par une infiltration de corticoïdes. Par la suite, quand la douleur diminue et que la raideur articulaire est installée, la rééducation prend le relais afin de libérer la mobilité de l’articulation.

Arthrose

L’arthrose de l’épaule est moins fréquente que celle de la hanche ou du genou. Cependant, elle n’est pas rare non plus et se traduit par des douleurs mécaniques, une raideur qui s’installe progressivement et des bruits articulaires. Le diagnostic se fait à la radiographie et le traitement repose dans un premier temps sur l’injection intra-articulaire d’acide hyaluronique afin de remettre un peu d’huile dans les rouages ! Quand les traitements conservateurs ne suffisent plus à soulager, la chirurgie prend le relais. Il s’agit alors de poser une prothèse, comme pour la hanche ou le genou. Les progrès en la matière sont importants. Cependant, la prothèse de l’épaule n’est pas aussi au point que celle de la hanche et du genou. Cela s’explique d’abord par le piètre état des tendons, qui compromettent ainsi le pronostic fonctionnel.

Instabilités

L’épaule est une articulation structurellement instable de par son anatomie très peu emboîtée. L’instabilité est consécutive à un traumatisme, la luxation, l’épaule se « déboîtant », ce qui va provoquer une lésion des ligaments responsables de la stabilité de l’épaule. Les luxations surviennent en général chez des individus jeunes, au cours d’activités sportives ou bien de traumatismes tels que des accidents de la voie publique. Le traitement s’appuie sur la kinésithérapie à titre de renforcement musculaire. En revanche, au-delà de trois épisodes de luxation, la chirurgie est incontournable.

Troubles fonctionnels du rachis cervical et thoracique

L’épaule est une articulation liée mécaniquement et musculairement aux vertèbres cervicales et dorsales, ce qui en fait parfois la victime d’un désordre à distance. En effet, des troubles mécaniques cervicaux ou thoraciques peuvent se répercuter sur le fonctionnement de l’épaule et provoquer des douleurs. Le traitement consiste alors à relâcher les muscles responsables de ce désordre mécanique afin de libérer la mobilité de l’épaule. Ce travail est celui du kinésithérapeute et de l’ostéopathe.

source : http://www.lepoint.fr/

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